Interview avec Tuur Vandeweyer, conseiller pour Agriton Belgique pour l’élevage bovin et l’agriculture arable

Tuur, présentez-vous brièvement. Qui êtes-vous et d’où venez-vous ?

Interview avec Tuur Vandeweyer, conseiller pour Agriton Belgique pour l’élevage bovin et l’agriculture arable

Comment êtes-vous devenu conseiller chez Agriton ?

Je connais Jurgen Degraevere, directeur d’Agriton Belgique, depuis plusieurs années, et c’est ainsi que tout a commencé. Les produits d’Agriton et mes conseils aux agriculteurs vont de pair. La philosophie de l’entreprise correspond également à la mienne : ne pas forcer, laisser le temps montrer ce qui fonctionne. C’est aussi ainsi que je travaille avec mon propre bureau de conseil, avec pour mission de partir du sol pour tout développer.

Comment voyez-vous la situation dans son ensemble ?

Sur un pâturage, qu’il y ait des vaches ou non, des millions d’autres « animaux » doivent encore être nourris. Ce n’est pas toujours évident pour l’agriculteur. De nombreux conseillers viennent à la ferme avec de bonnes intentions, mais ils ne comprennent pas toujours la vie du sol. C’est complexe, mais en même temps assez simple : si vous nourrissez le sol, les plantes poussent. Le fumier est donc indispensable, mais la question est : comment l’utiliser ? Est-ce que le fumier est déjà correct à la sortie de l’animal ou y a-t-il eu un problème avec l’alimentation ?

J’utilise parfois le slogan « De la terre à la bouche ». Si l’animal est bien nourri, le fumier est bon pour le sol. Si ce fumier est ensuite bien traité (pas laissé pourrir, mais mûri), il devient un excellent aliment pour la vie du sol. Et cette vie du sol agit comme catalyseur pour nourrir la plante, qui deviendra ensuite nourriture pour la vache. Ainsi, le cycle est complet. Mais si l’on interfère avec trop de fumier ou d’engrais chimique, la vie du sol disparaît. Heureusement, on peut toujours revenir en arrière : la nature a un pouvoir régénératif immense. Je vois donc encore des opportunités pour l’élevage et l’agriculture en Belgique et aux Pays-Bas.

Réussissez-vous à convaincre les agriculteurs ?

Je visite des agriculteurs dans les deux pays et j’entends souvent qu’ils veulent changer, mais ne savent pas comment. Parfois, ils sont attachés à l’idée qu’il faut intervenir pour faire pousser les cultures. Par exemple, l’an dernier, j’ai fait épandre un peu de chaux coquillière à un agriculteur qui voulait à tout prix utiliser l’épandeur d’engrais chimique. Il n’a rien fait de mal avec cette application, et le résultat a été positif. Au final, pendant l’été chaud de 2022, ses voisins lui ont demandé ce qu’il avait fait. Sa réponse était simple : « Rien, juste écouté Tuur à propos de la vie du sol et mis cela en pratique. »

Quels produits Agriton utilisez-vous pour les agriculteurs en transition ?

  • Vulkamin : à utiliser à la place de la chaux dans les logettes. Cela réduit la formation d’ammoniac dans le fumier et ajoute des minéraux.

  • Microferm : un produit polyvalent. Mélangé au fumier liquide ou solide, il donne rapidement des résultats. Épandu sur les champs, il agit moins vite mais reste efficace.

  • EM silage : traiter le fourrage permet d’apporter la biologie directement dans l’animal, et pas seulement dans le fumier.

  • SuperCera : poudre céramique efficace sur pommes de terre et betteraves, augmente la résistance aux maladies et réduit les dégâts du doryphore.

Comment prouver l’efficacité dans la pratique ?

J’installe des essais directement chez les agriculteurs, souvent basés sur des cartes EC et des scans de sol. Les essais se font sur de grandes surfaces, généralement avec un seul facteur variable. Nous utilisons aussi des drones, satellites, capteurs de verdure, etc., pour analyser les résultats. L’objectif n’est pas toujours le rendement maximal : 45 tonnes de pommes de terre produites de manière régénérative peuvent être meilleures que 50 tonnes classiques. Les preuves viennent surtout des agriculteurs qui adoptent ces méthodes sur le long terme et observent les progrès.

Vous parlez d’opportunités futures pour l’élevage. Qu’entendez-vous par là ?

Si nous adoptons davantage l’agriculture régénérative, l’impact environnemental diminue fortement. Même si je ne suis pas toujours d’accord avec les décisions gouvernementales, il est certain que cela reste possible autrement. Par exemple, si l’on gère différemment le fumier en décomposition dans les fosses, il devient un excellent engrais pour les cultures, qu’il s’agisse de fourrage ou de cultures alimentaires. L’objectif est de produire une nourriture saine pour l’homme avec un impact minimal sur l’environnement.

Certes, certains agriculteurs ayant investi dans des installations high-tech pour maximiser la production laitière peuvent être réticents. Mais ceux qui regardent au-delà de leur ferme voient qu’il y a plus de possibilités que prévu. Par exemple, des organisations de la nature recherchent des débouchés pour leurs résidus de fauchage, qui deviennent un excellent matériau organique pour l’agriculture. Cela crée des collaborations autour d’un objectif commun : un sol sain. Avec un peu de soutien et de conseils, cette transition est possible dans les deux sens, et je crois que les premières étapes sont déjà franchies.

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