Comment voit-il la situation dans son ensemble ?
Pour lui, un pâturage ne se limite pas aux vaches :
Des millions de micro-organismes doivent également être nourris.
Une réalité parfois sous-estimée, alors qu’elle est essentielle au bon fonctionnement du système agricole. Selon Tuur, le principe est finalement assez simple : lorsque le sol est nourri correctement, les plantes se développent naturellement.
« De la terre à la bouche », résume-t-il.
Si l’animal est bien alimenté, le fumier devient une ressource précieuse pour le sol.. À condition toutefois d’être correctement géré : non pas laissé à pourrir, mais mûri, afin de soutenir la vie du sol.
Celle-ci joue alors un rôle clé dans la nutrition des plantes, qui alimenteront à leur tour les animaux, bouclant ainsi le cycle naturel.
Il met toutefois en garde contre les excès. :
Un apport trop important de fumier ou d’engrais chimiques peut nuire à cette vie du sol. Mais il reste optimiste : la nature possède une grande capacité de régénération. C’est pourquoi il voit encore de réelles opportunités pour l’élevage et l’agriculture en Belgique et aux Pays-Bas.
Comment réussit-il à convaincre les agriculteurs ?
Tuur visite régulièrement des exploitations en Belgique et aux Pays-Bas. Il constate souvent que les agriculteurs veulent changer, mais ne savent pas toujours comment. Beaucoup restent attachés à l’idée qu’il faut constamment intervenir pour faire pousser les cultures.
Un exemple parlant : l’an dernier, il a conseillé à un agriculteur d’épandre un peu de chaux coquillière, alors que celui-ci voulait absolument utiliser son épandeur d’engrais chimique. Le résultat a été positif, et pendant l’été chaud de 2022, ses voisins lui ont demandé ce qu’il avait fait.
Sa réponse a été simple : « Rien, juste écouté Tuur à propos de la vie du sol et mis cela en pratique ».
Cette approche illustre bien sa philosophie : guider plutôt que forcer, et laisser le temps à la nature de produire les résultats.
Comment prouver l’efficacité dans la pratique ?
Monsieur Vandeweyer installe des essais directement chez les agriculteurs, souvent basés sur des cartes EC et des scans de sol.Les tests couvrent de grandes surfaces, en ne faisant varier qu’un seul facteur à la fois, pour pouvoir observer précisément les effets.
« Nous utilisons aussi des drones, des satellites ou des capteurs de verdure pour analyser les résultats », explique-t-il.
L’objectif n’est pas toujours d’atteindre le rendement maximal : produire 45 tonnes de pommes de terre de manière régénérative peut être plus intéressant que 50 tonnes de façon classique.
Selon lui, la vraie preuve se trouve dans l’adoption par les agriculteurs eux-mêmes, qui constatent concrètement les bénéfices de ces méthodes sur leurs exploitations.
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