Interview avec Tuur Vandeweyer : l’élevage bovin et l’agriculture arable

 

Qui est-il ?

Tuur Vandeweyer est conseiller chez Agriton Belgique, spécialisé en élevage bovin et en agriculture arable. Il accompagne les agriculteurs et éleveurs dans l’optimisation de leurs pratiques, en leur apportant un appui technique. 

 

Comment est-il devenu conseiller ?

Tuur Vandeweyer est devenu conseiller chez Agriton Belgique grâce à une collaboration construite avec Jurgen Degraevere, directeur d’Agriton Belgique, relation qui a naturellement conduit à ce partenariat.

Très vite, sa vision du conseil agricole a trouvé un écho dans celle de l’entreprise.

Il partage la philosophie d’Agriton. « Il faut laisser le temps au terrain de montrer ce qui fonctionne vraiment », explique-t-il.

Cette approche guide aussi son travail de conseiller, avec une vision globale et durable, où le sol constitue toujours le point de départ du développement de l’exploitation.

Comment voit-il la situation dans son ensemble ?

Pour lui, un pâturage ne se limite pas aux vaches :
Des millions de micro-organismes doivent également être nourris.

Une réalité parfois sous-estimée, alors qu’elle est essentielle au bon fonctionnement du système agricole. Selon Tuur, le principe est finalement assez simple : lorsque le sol est nourri correctement, les plantes se développent naturellement.

« De la terre à la bouche », résume-t-il.

Si l’animal est bien alimenté, le fumier devient une ressource précieuse pour le sol.. À condition toutefois d’être correctement géré : non pas laissé à pourrir, mais mûri, afin de soutenir la vie du sol.

Celle-ci joue alors un rôle clé dans la nutrition des plantes, qui alimenteront à leur tour les animaux, bouclant ainsi le cycle naturel.

Il met toutefois en garde contre les excès. :
Un apport trop important de fumier ou d’engrais chimiques peut nuire à cette vie du sol. Mais il reste optimiste : la nature possède une grande capacité de régénération. C’est pourquoi il voit encore de réelles opportunités pour l’élevage et l’agriculture en Belgique et aux Pays-Bas.

 

Comment réussit-il à convaincre les agriculteurs ?

Tuur visite régulièrement des exploitations en Belgique et aux Pays-Bas. Il constate souvent que les agriculteurs veulent changer, mais ne savent pas toujours comment. Beaucoup restent attachés à l’idée qu’il faut constamment intervenir pour faire pousser les cultures.

Un exemple parlant : l’an dernier, il a conseillé à un agriculteur d’épandre un peu de chaux coquillière, alors que celui-ci voulait absolument utiliser son épandeur d’engrais chimique. Le résultat a été positif, et pendant l’été chaud de 2022, ses voisins lui ont demandé ce qu’il avait fait.

Sa réponse a été simple : « Rien, juste écouté Tuur à propos de la vie du sol et mis cela en pratique ».

Cette approche illustre bien sa philosophie : guider plutôt que forcer, et laisser le temps à la nature de produire les résultats.

 

Comment prouver l’efficacité dans la pratique ?

Monsieur Vandeweyer installe des essais directement chez les agriculteurs, souvent basés sur des cartes EC et des scans de sol.Les tests couvrent de grandes surfaces, en ne faisant varier qu’un seul facteur à la fois, pour pouvoir observer précisément les effets.

« Nous utilisons aussi des drones, des satellites ou des capteurs de verdure pour analyser les résultats », explique-t-il.

L’objectif n’est pas toujours d’atteindre le rendement maximal : produire 45 tonnes de pommes de terre de manière régénérative peut être plus intéressant que 50 tonnes de façon classique.

Selon lui, la vraie preuve se trouve dans l’adoption par les agriculteurs eux-mêmes, qui constatent concrètement les bénéfices de ces méthodes sur leurs exploitations.

Quels produits utilise Agriton pour les agriculteurs en transition ?

Tuur Vandeweyer recommande plusieurs produits selon les besoins spécifiques des exploitations :

  • Vulkamin : utilisé à la place de la chaux dans les logettes, il réduit la formation d’ammoniac dans le fumier tout en apportant des minéraux essentiels.

  • Microferm : un produit polyvalent. Mélangé au fumier, qu’il soit liquide ou solide, il agit rapidement. Épandu directement sur les champs, il reste efficace, même si les résultats apparaissent un peu plus lentement.

  • EM Silage : traiter le fourrage permet d’apporter la biologie directement dans l’animal, et pas seulement dans le fumier.

  • SuperCera : cette poudre céramique est particulièrement efficace sur les pommes de terre et les betteraves. Elle renforce la résistance aux maladies et réduit les dégâts causés par le doryphore.

Grâce à ces solutions, les agriculteurs en transition peuvent stimuler la vie du sol, améliorer la qualité de leurs cultures et soutenir la santé de leurs animaux de manière naturelle et durable.

Qu’entend t-il par opportunités futures pour l’élevage ?

Pour Tuur Vandeweyer, l’avenir de l’élevage passe par une adoption plus large de l’agriculture régénérative, qui permet de réduire fortement l’impact environnemental.

« Même si je ne suis pas toujours d’accord avec les décisions gouvernementales, il est certain que cela reste possible autrement », souligne-t-il.

En gérant différemment le fumier en décomposition, par exemple, il devient un excellent engrais pour toutes les cultures, du fourrage aux cultures alimentaires, permettant de produire une nourriture saine avec un impact minimal sur l’environnement.

Il reconnaît que certains agriculteurs, surtout ceux ayant investi dans des installations high-tech pour maximiser la production laitière, peuvent être réticents. Mais ceux qui prennent du recul découvrent de nombreuses possibilités. Par exemple, des organisations de protection de la nature offrent leurs résidus de fauchage, qui se transforment en matière organique précieuse pour l’agriculture. Ces initiatives favorisent des collaborations autour d’un objectif commun : un sol sain. Avec un peu de soutien et de conseils, cette transition est réalisable, et les premières étapes sont déjà en marche.

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