Le Jardin Clos : là où l’histoire, la régénération et la communauté prennent racine ensemble

Dès qu’on entre dans la vallée du ruisseau de Renkum, on le sent : ce paysage respire.

Entre les ruisseaux du Veluwezoom se trouve le domaine d’Oranje Nassau’s Oord, autrefois propriété du roi Guillaume III. Et au cœur de cet ancien domaine royal, on découvre un potager soigneusement entouré de murs, d’un hectare, aujourd’hui connu sous le nom de De Ommuurde Tuin.

Un jardin aux racines royales (et une âme très ancrée dans la terre)

Dans ce potager historique travaille depuis 25 ans la même femme, avec un dévouement impressionnant : Esther.

Bio-agronome, connaisseuse des sols et surtout quelqu’un qui vous fait croire, instantanément, que prendre soin de la terre, c’est aussi prendre soin de l’avenir. 

Notre visite

Lorsque nous sommes arrivés, le 11 novembre 2025, nous avons été accueillis comme si nous rentrions à la maison. Sur la terrasse nous attendait une tarte aux noix tout juste sortie du four, délicatement décorée d’une petite fleur de Salvia microphylla ‘Makris’. Un détail, mais exactement le genre de détail qui donne le ton : ici, tout est attention.

D’un sable pauvre à une richesse vivante

Le jardin a commencé sur un terrain de sable pur : pauvre, maigre, presque sans vie. À force d’années de pratiques régénératives, ce sol s’est completement transformé. Là où il n’y avait autrefois que 1 % de matière organique, on atteint aujourd’hui 8 % de carbone.

Patience, savoir-faire et construction inlassable à base de compost (sous toutes ses formes) ont fait toute la différence.

Un musée vivant de biodiversité comestible

De Ommuurde Tuin n’est pas un « potager ordinaire ». C’est un lieu où l’on longe les planches de culture en se disant sans cesse : attends… ça existe aussi ?
On n’y trouve pas seulement des légumes classiques, mais surtout des variétés anciennes, rares, surprenantes et savoureuses : des pommes de terre multicolores au chou palmier, des betteraves chioggia et jaunes à l’oignon d’Égypte, du pourpier d’hiver à l’artichaut. Et puis il y a aussi des fleurs pour les pollinisateurs et pour l’assiette, des herbes aromatiques qui viennent à votre rencontre, ainsi qu’un rucher où des milliers d’abeilles participent à la dynamique vivante du jardin.

Régénération du sol… et des personnes

Ce qui rend ce jardin encore plus particulier : il ne construit pas seulement la fertilité de la terre, il nourrit aussi la communauté.
Entre 30 et 50 bénévoles viennent y prêter main-forte, avec 4 à 5 personnes chaque jour sur le terrain. À cela s’ajoutent 3 employés permanents pour la partie agricole et 5 personnes qui font tourner la boutique les mercredis et samedis. Pour beaucoup, ce n’est pas seulement « aider » : c’est aussi se reconstruire, se réorienter, se relier.

Le cœur battant : le tas de Bokashi

Si l’on peut sentir quelque part le secret de cette transformation du sol, c’est bien près du tas de Bokashi. Un homme en est entièrement responsable : chaque semaine, il le construit, l’aère, le couvre.
À l’avant, on ajoute de la matière fraîche (même des plantes difficiles comme la renouée du Japon) ; à l’arrière, après un an, apparaît une substance très sombre et friable — presque du terreau — qui est utilisée immédiatement dans les planches et la serre. Ajoutez à cela du compost de vers, des pellets de brasserie, des copeaux de bois et des résidus végétaux, ainsi que des principes de permaculture et d’écologie forestière… et vous obtenez un système qui ne travaille pas « contre » la nature, mais avec elle.

Goûter, flâner, vivre le lieu

De Ommuurde Tuin n’est pas un endroit derrière une clôture qu’on observe de loin. On peut y :

  • flâner entre les planches de culture
  • profiter sur la terrasse d’un café, d’une glace ou d’une pâtisserie maison
  • acheter des légumes à la boutique du jardin le mercredi et le samedi
  • suivre des visites guidées (aussi pour les écoles et les groupes)
  • découvrir des légumes oubliés et des variétés locales
  • voir concrètement à quoi ressemble l’agriculture régénérative

À suivre…

D’autres échantillons de sol seront encore prélevés pour comprendre précisément ce que le Bokashi a apporté à ce sol autrefois si sableux et pauvre. Mais honnêtement ? Quand on s’y promène, on voit déjà le résultat dans chaque miette de terre et dans chaque plante qui s’y épanouit. À suivre…

En savoir plus ?

Cette histoire prend encore plus de profondeur dans EM Magazine #33 vivement recommandé si vous souhaitez aller plus loin dans l’univers de De Ommuurde Tuin et son approche régénérative.

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