Un musée vivant de biodiversité comestible
De Ommuurde Tuin n’est pas un « potager ordinaire ». C’est un lieu où l’on longe les planches de culture en se disant sans cesse : attends… ça existe aussi ?
On n’y trouve pas seulement des légumes classiques, mais surtout des variétés anciennes, rares, surprenantes et savoureuses : des pommes de terre multicolores au chou palmier, des betteraves chioggia et jaunes à l’oignon d’Égypte, du pourpier d’hiver à l’artichaut. Et puis il y a aussi des fleurs pour les pollinisateurs et pour l’assiette, des herbes aromatiques qui viennent à votre rencontre, ainsi qu’un rucher où des milliers d’abeilles participent à la dynamique vivante du jardin.
Régénération du sol… et des personnes
Ce qui rend ce jardin encore plus particulier : il ne construit pas seulement la fertilité de la terre, il nourrit aussi la communauté.
Entre 30 et 50 bénévoles viennent y prêter main-forte, avec 4 à 5 personnes chaque jour sur le terrain. À cela s’ajoutent 3 employés permanents pour la partie agricole et 5 personnes qui font tourner la boutique les mercredis et samedis. Pour beaucoup, ce n’est pas seulement « aider » : c’est aussi se reconstruire, se réorienter, se relier.
Le cœur battant : le tas de Bokashi
Si l’on peut sentir quelque part le secret de cette transformation du sol, c’est bien près du tas de Bokashi. Un homme en est entièrement responsable : chaque semaine, il le construit, l’aère, le couvre.
À l’avant, on ajoute de la matière fraîche (même des plantes difficiles comme la renouée du Japon) ; à l’arrière, après un an, apparaît une substance très sombre et friable — presque du terreau — qui est utilisée immédiatement dans les planches et la serre. Ajoutez à cela du compost de vers, des pellets de brasserie, des copeaux de bois et des résidus végétaux, ainsi que des principes de permaculture et d’écologie forestière… et vous obtenez un système qui ne travaille pas « contre » la nature, mais avec elle.
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